On a gagné notre combat contre les autopsies judiciaires.

Dorénavant, pour une autopsie judiciaire on n’a plus le droit de détruire des organes humains sans informer la famille ; tout prélèvement doit être justifié à la famille, sinon il s’agit d’une faute professionnelle de la justice.

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Depuis que les autopsies judiciaires existent dans le cadre des procédures pénales, la justice, et plus particulièrement : des juges d’instruction et les procureurs, avaient le droit de faire prélever un ou plusieurs organes de la personne autopsiée sans en informer les familles.
Ensuite, les organes étaient détruits par crémation.

Mon fils Lionel, de 17 ans, a été victime d’un accident de la route, tué par un multirécidiviste le 4 août 2017.
Lors du visionnage et de l’étude du dossier de mon fils, car une maman veut tout savoir, j’ai découvert des documents qui m’ont fait encore plus de mal.
Lors de cette autopsie, on lui a volé, la justice lui a volé : son cœur, son cerveau et ses méninges.
La justice a tué une seconde fois mon fils.

J’ai commencé alors un combat et de nombreuses recherches ; je me suis rapproché de l’association Nice for Life présidé par Monsieur Jean-Claude Hubert, et je me suis rendu compte que je n’étais pas la seule dans ce cas : Non seulement les accidentés de la route sont autopsiés et subissent la même chose, mais toutes les victimes : attentats, suicides et autres…

Révoltée par cela, je suis partie au combat contre l’État, contre le ministère de la Justice. Après de multiples courriers et rendez-vous, pendant neuf ans, je me suis battue avec les administrations, les élus, le gouvernement, les ministres, les députés et les sénateurs pour faire changer cette loi. Pareille à une autre maman dont la fille a été victime de l’attentat de Nice le 14 juillet 2016.

Un combat long et très douloureux, car j’allais de rejet en rejet de la part de l’ensemble du gouvernement et des élus Français quel que soit leur bord politique. Prise de contact avec la DIAV Délégation Interministérielle d’Aide Aux Victimes, des courriers politique, des propositions, mais rien ne change.
Je n’ai rien lâché, comme cette maman de Nice

On s’est battues, on n’a jamais baissé les bras pour nos enfants, pour la mémoire de nos enfants, et enfin, au bout de neuf ans, la loi a réussi à changer.

Dorénavant, on n’a plus le droit de détruire des organes humains sans informer la famille ; tout prélèvement doit être justifié à la famille, sinon il s’agit d’une faute professionnelle de la justice.

Un combat long, très difficile moralement, psychologiquement, mais on a gagné. On a gagné contre l’État, contre le gouvernement qui se moque des victimes de la route.

Je remercie

J’espère que l’association Lionel et les autres victimes de la route prendra moins de temps pour faire évoluer d’autres lois qui sont responsables de nombreux accidents de la route.
Car c’est le gouvernement qui doit faire changer les choses pour diminuer le nombre de morts, mais le voudrait-il seulement, si l’on se posait la question, nous, familles de victimes ?
Au moment de l’élection présidentielle, les différents partis se posent-ils la question ?

de 17 ans

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